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Alexandra Palt, directrice RSE L’Oréal: “les femmes sont de formidables contributrices au développement de l’Afrique”

Juriste de formation, militante des droits humains, de l’égalité et de la parité, Alexandra Palt a consacré toute sa vie à la promotion des  droits femmes et à la RSE. Elle occupe depuis 2012 le poste de  directrice RSE à L’Oréal. Alexandra Plat a pris part aux travaux du premier sommet Women In Africa organisé dernièrement à Marrakech, et au cours duquel elle a fait une intervention très intéressante sur l’Economie sociale et solidaire (ESS), activité que le groupe soutient fortement au Maroc et au Burkina Faso. Entretien.

 

RSE Maroc Magazine : Vous occupez le poste de Directeur RSE au sein d’un grand groupe qui n’est autre que L’Oréal. Pourriez-vous nous parler de votre parcours et de votre engagement ?

 Alexandra Palt : j’ai été très tôt une militante de l’égalité entre les hommes et les femmes. Je militais pendant mes études de droit en Autriche, et à la fin de mon cursus, je ne m’imaginais pas faire carrière en tant qu’avocate ou procureur. C’est pour cela que je me suis spécialisée en droits de l’homme. Dans ce cadre-là, j’ai participé au programme européen preparing young women to lead (Préparer les jeunes femmes à diriger). C’est un programme qui vise à préparer de jeunes femmes à devenir la prochaine génération de leaders dans les domaines économique ou politique. Ce programme de formation proposait des mentors, et le mien était la secrétaire générale d’Amnesty internationale à Berlin avec qui j’ai travaillé pendant plusieurs mois. Cela a confirmé mon souhait de travailler avec des ONG internationales.
A Paris,  j’ai très vite trouvé un poste dans le milieu associatif sur les droits des minorités. Au début des années 2000,  j’ai commencé à m’intéresser au rôle des entreprises dans la défense des droits humains. C’était l’époque de Shell au Nigéria, du travail des enfants, etc. Cela m’a amené à la RSE, d’abord dans un réseau d’entreprises spécialisées dans l’ancrage territorial, les quartiers difficiles en France, la diversité, le mécénat, etc. Ensuite, j’ai occupé le poste de directeur de la promotion de l’égalité à la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité, et je me suis occupée de promouvoir l’égalité entre hommes et femmes pour les minorités et les personnes handicapés, au sein  des pouvoirs publics, des entreprises, dans l’accès accès au logement, etc.

J’ai fait un diplôme à Cambridge sur la conduite du changement et le développement durable, car j’aivaissenti que si on veut changer l’entreprise ou la société, il faut s’appuyer sur les mécanismes de changement. Il ne suffit pas d’être un expert sur ces questions, mais il faut savoir comment conduire le changement.
Et après 5 ans en tant que consultante RSE, je suis arrivée chez L’Oréal comme directrice de la RSE. C’est un poste qui a beaucoup évolué au cours de ces dernières années, car la RSE est l’un des chantiers les plus importants de transformation de l’Oréal pour s’inscrire dans le 21 siècle, un siècle qui sera plus durable eu égard aux nombreux enjeux inhérents à la protection de l’environnement
Mon rôle, c’est un Chief Sustainability Officer, et j’ai également pris en charge le volet deuxième philanthropique, car une entreprise doit se transformer, mais aussi contribuer à résoudre les défis de notre époque, et j’ai pris en charge le volet contribution fondations et contributions à la société au travers de L’Oréal et ses marques.

RSE Maroc Magazine : Dans la RSE, on parle beaucoup de parité, de promotion des droits de la femme et d’accès aux postes de décision. Que faites-vous à votre niveau pour favoriser l’émergence des femmes aux postes de responsabilité ?

Alexandra Palt : Quand on est une femme qui a de l’influence, il y a plusieurs choses à faire pour aider d’autres femmes. D’abord, le lead by example, c’est-à-dire,en donnant l’exemple. Il y a certaines choses que je fais consciemment. Aujourd’hui, en France, sur la question des discriminations, beaucoup de femmes pensent qu’on a fait beaucoup de choses, mais il faut rester vigilante. Je trouve que les derniers évènements politiques nous ont appris que rien n’est acquis.

J’essaie de donner l’exemple de l’équilibre entre la vie privée et la vie professionnelle, j’encourage mes collaboratrices à agir dans ce sens, car ce n’est pas leur présence qui me rassure sur leurs performances, mais plutôt leur production.
J’ai la chance de travailler dans une entreprise dont les dirigeants favorisent l’accès des femmes aux postes de responsabilité, et qui n’attendent pas ensuite que ces femmes s’effacent mais qui supportent la contradiction d’être challengés, et c’est une chance rare que nous avons chez l’Oréal.

RSE Maroc Magazine : En tant qu’Européenne, que pensez-vous pouvoir apporter aux Africaines ?

Alexandra Plat : Je ne pense pas que les Africaines aient besoin de moi. Je pense plutôt que nous avons beaucoup de choses à apprendre d’elles. Ma conviction est qu’il faut s’inscrire dans le contexte de la société dans laquelle on opère. On veut développer notre activité économique, mais on veut également contribuer à la société.

Un forum comme Women in Africa nous permet de rencontrer des personnes avec lesquelles on peut travailler, d’élargir notre horizon. C’est enrichissant pour nous, et cela nous permet de mieux appréhender de nouveaux développements, et notre contribution à la société, car on veut favoriser l’émergence de femmes partout où on opère.

RSE Maroc Magazine : Vous êtes une militante convaincue des droits humains, que manque-t-il, à votre avis à l’Africaine pour s’imposer et devenir un élément clé dans le développement de son pays ?

Alexandra Plat : Je pense que les femmes sont de formidables contributrices au développement de l’Afrique. Ce qui manque, c’est la visibilité de leur contribution, et il faut se battre pour cela. Il faut continuer à se battre pour accéder pleinement à toutes les possibilités, car c’est la mixité qui nous permettra d’apporter de meilleures solutions aux problèmes de société.
Si je peux me permettre d’avoir un avis en tant que non africaine, il faut savoir qu’on peut y arriver sans se battre pour l’obtention de ses droits.

Écrit par Khadija Alaoui

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